J’ouvre les yeux ce matin avec un nombre de messages auquel je ne m’attendais pas. Depuis la création de l’APSA, nous savions que le besoin était là. Mais la réalité nous a rattrapés, plus vite et plus fort que prévu.
En seulement deux semaines, c’est déjà plus d’une cinquantaine de messages privés, des dizaines de situations de détresse, des questions urgentes allant des consommations aux violences et des échanges téléphoniques qui n’en finissent plus. D’Ambarès à Bassens, de Lormont à Sainte-Eulalie, en passant par Bègles ou Saint-André-de-Cubzac… les appels viennent de partout. Je me suis également déplacé à plusieurs reprises.
Ce succès, si l’on peut l’appeler ainsi, nous laisse un goût amer. Pourquoi un tel afflux ?
Parce que derrière chaque appel, il y a une faille. Un manque de moyens criant. Un citoyen perdu dans les méandres d’une administration dématérialisée ou saturée, ou une personne en souffrance qui ne trouve plus de regard humain pour l’accueillir. Qui ne sent plus à sa place.
Aujourd’hui, le constat est sans appel, notre place est légitime. Mieux encore, elle est devenue je le pense vitale pour une partie de notre population sur la rive-droite.
Nous ne pouvons plus nous contenter d’échanges à distance. Pour offrir ce véritable enveloppement socio-médical, pour reconstruire ce lien que la machine a brisé, un lieu dédié à l’avenir devient indispensable. Un toit pour protéger ceux que le système laisse à la porte pour les écouter, les orienter ou juste la chaleur d’un café. Un ancrage physique dans un monde qui se dissout. Un espace de confidentialité.
La question que nous posons aujourd’hui est simple, combien de temps pourrons-nous tenir ce rôle de dernier rempart sans les structures nécessaires ? L’engagement ne peut pas tout remplacer. L’humain a besoin de lieux, pas seulement de réseaux. Il y a ce que j’appel la majorité silencieuse celle qui lit et prend contact mais ne like pas les posts. Celle qui demande la rencontre.
L’APSA est là, à vos côtés. Mais pour continuer à transformer ces appels au secours en solutions concrètes, nous devons passer à l’étape d’après. Ensemble. @à la une APSA - Association Prévention Santé Aquitaine
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